Frise chronologique

2014
Aphex Twin - Syro


Dans cet album, Richard D. James fait notamment usage d’un logiciel développé spécialement pour lui et basé sur le principe des algorithmes génétiques.

2014
Kenneth Kirschner - variant:blue


Le compositeur new-yorkais Kenneth Kirschner produit depuis 2004 des oeuvres génératives, le plus souvent programmées en flash. Variant:blue est une application pour IOs associant musique générative et animations visuelles.

2012
Sonic Pi


Logiciel développé à l'Université de Cambridge par Sam Aaron dans un but pédagogique, Sonic Pi (ainsi nommé car il est initialement conçu pour fonctionner sur Raspberry Pi), est un environnement de programmation dédié à la création musicale en direct (live coding).

2003
OMax


Logiciel développé par l'Ircam, OMax (contraction de OpenMusic et de Max), devenu ensuite DJazz puis Improtek, est un système d'improvisation basé sur la reconnaissance et la variations de motifs par machine-learning.

1997
OpenMusic


Langage de programmation développé par l’IRCAM et basé sur Lisp. Il est issu des langages précédemment développés à l’IRCAM : CRIME (1985), puis PatchWork (1989). Il est spécifiquement conçu pour l’accompagnement à la composition, avec des librairies dédiées aux manipulations MIDI, à la synthèse, à la spatialisation, etc.

1996
Brian Eno - Generative Music 1


Sans doute le premier album diffusé sous forme de programme informatique (alors sur disquette) et non pas par enregistrement.

1996
PureData (Miller Puckette)


Environnement de programmation dédié création musicale multimédia, gratuit et open-source, issu du projet Patcher développé initialement à l’IRCAM et ayant donné naissance à Max/MSP.

1993
George Lewis - Voyager


Tromboniste de jazz, George Lewis a développé le logiciel Voyager, qui réagit en temps réel au jeu des musiciens.

1992
Karlheinz Essl - Lexicon-Sonate


Oeuvre décrite comme “composition infinie en temps réel pour piano contrôlé par ordinateur”, elle est volontiers citée comme l’un des jalons de la musique algorithmique. Le programme contient plusieurs modules générant des structures répondant à certaines caractéristiques, et faisant appel à des gestes pianistiques issus d’oeuvres de Bach, Mozart, Beethoven, Schoenberg, Stockhausen, Cecil Taylor, sans jamais les citer textuellement.

1992
Iannis Xenakis - Gendy 3


Dans cette composition purement électronique, Xenakis applique les principes stochastiques à la génération de sons par synthèse en formes d’ondes. Chaque fragment de la forme d’onde est calculé en fonction du segment qui précède en fonctions de lois probabilistes, ce qui garantit à la forme d’onde d’être riche sans se transformer en simple bruit blanc.

1990
CAMUS (Eduardo Miranda)


Le programme CAMUS est un générateur de musique à base d'automates cellulaires.

1989
Philippe Manoury - Pluton


Pluton
, première composition d’envergure (55 minutes) pour instrument et électronique en temps réel utilisant le logiciel MAX, joue sur des techniques de détection en temps réel des variations du jeu de l’interprète pour les intégrer dans la composition. Le titre Pluton fait référence non à la planète mais au dieu de l’enfer, le processus informatique sous-tendant l’oeuvre restant dissimulé et comme souterrain.

1986
Music Mouse (Laurie Spiegel)


Logiciel développé par la compositrice américaine Laurie Spiegel pour Macintosh, Amiga et Atari, basé sur le principe “d’instrument intelligent”. Il permet à l’utilisateur d’improviser, l’instrument ayant mémorisé un certain nombre de contraintes stylistiques (accords, échelles). Plusieurs pièces de Laurie Spiegel, comme Cavis Muris, sont composées pour Music Mouse.

1986
Max


Environnement de programmation développé initialement par l’IRCAM (nommé initialement Patcher) puis distribué commercialement par Cycling 74 depuis 1999. Il associera ensuite trois logiciels : Max, pour les calculs mathématiques le contrôle MIDI, MSP (1997) pour la gestion en temps-réel du signal audio et Jitter (2003), calcul matriciel pour l’audiovisuel. Son nom est un hommage au pionnier de l’informatique musicale Max Mathews.

1981
Experiments in Musical Intelligence (David Cope)


Logiciel créé par David Cope, professeur à University of California at Santa Cruz, basé sur l’imitation du style de différents compositeurs. Plusieurs albums sont parus démontrant la capacité du logiciel à re-synthétiser des oeuvres d’esthétiques diverses : Bach by Design, Virtual Mozart...

1980
Laurie Spiegel - The Expanding Universe


Les morceaux de cet album ont été composés avec le logiciel Groove développé par Max Mathews à Bell Laboratories. Les textures aux lentes évolutions évoquent l’esthétique de Terry Riley, ou de certaines improvisations de John Fahey. Le morceau “Kepler's Harmony of the Worlds" (1977) fait partie du “Voyager Golden Record”, disque embarqué dans les sondes spatiales Voyager et destiné à refléter la diversité des formes de vie et d’expressions artistiques présentes sur Terre.

1978
Brian Eno - Music for Airports


Cet album regroupe les premières compositions algorithmiques de Brian Eno. D’inspiration minimaliste, il fait appel à des procédures simples telles que des boucles se déphasant continuellement.

1969
John Cage / Lejaren Hiller - HPSCHD


Cette composition pour 7 clavecins et 51 bandes électroniques s’appuie sur des fragments de Mozart, Beethoven, Chopin, Schumann, Gottschalk, Busoni, Schoenberg, Cage et Hiller, recombinés par un programme informatique basé sur les hexagrammes du I Ching de manière différente à chaque exécution de la pièce.

1965
Pierre Barbaud : Initiation à la composition musicale automatique


Fondateur du Groupe de musique algorithmique de Paris (GMAP) avec Roger Blanchard et Janine Charbonnier, Pierre Barbaud a contribué à l’essor des études sur la musique algorithmiques par ses ouvrages Initiation à la composition musicale automatique et La musique, discipline scientifique : introduction élémentaire à l'étude des structures musicales (1968).

1963
Iannis Xenakis : Musiques formelles (première édition)


Dans cet ouvrage d’une grande importance dans l’histoire des musiques algorithmiques, Xenakis définit le concept de musique stochastique, et décrit les techniques utilisées (chaînes de Markov, théorie des jeux, loi de Poisson…) dans plusieurs de ses propres compositions : Pithoprakta, Achorripsis, Analogique A et B, Syrmos, Duel…

1957
Lejaren Hiller / Leonard Isaacson - Illiac Suite pour quatuor à cordes


Issue des expériences de Lejaren Hiller et Leonard Isaacson, respectivement professeurs en musicologie et en mathématiques à l’université de l’Illinois, la suite ILLIAC, ainsi dénommée selon le nom de l’ordinateur de l’université, est généralement considérée comme l’acte fondateur de l’informatique musicale. Cette pièce pour quatuor à cordes, divisée en 4 mouvements correspondants aux hypothèses de travail successives des deux chercheurs, est principalement basée sur des chaînes de Markov.

1956
Iannis Xenakis - Pithoprakta


Pithoprakta est la première pièce où Xenakis utilise des processus stochastiques, adoptés en réaction au courant post-sériel qui lui semble représenter une impasse. La vitesse des glissandi des cordes y est calculée selon la loi de Gauss, et la distribution des événements sonores selon la loi de Poisson.

1956
“Push-Button Bertha”


La chanson “Push-Button Bertha” (du surnom “Bertha” donné à l’ordinateur Datatron utilisé) est issue d’une des premières expériences de composition par ordinateur, menée par Martin Klein et Douglas Bolitho, deux mathématiciens travaillant pour la société Burroughs Corporation. Des hauteurs générées aléatoirement sont ensuite soumises à un certain nombre de “règles” issues de l’analyse de chanson prises dans le répertoire pop et de compositions classiques.

1953
Earle Brown - Octet 1


Pour cette composition, Earle Brown utilise un livre contenant 10 000 nombres aléatoires, Random Sampling Tables, pour définir chaque événement sonore de la composition.

1952
John Cage - Two Pastorales


En 1951, John Cage imagine une technique de notation musicale basée sur le I Ching, le livre de divination chinoise. Parmi les pièces utilisant cette méthode, se trouvent “Music of changes” pour piano (1951), “Two Pastorales” pour piano préparé (1952) ou encore les “Sept haïkus” pour piano (1952).

1946
Joseph Schillinger : Schillinger System of Musical Composition.


Théoricien et compositeur de la première moitié du XXe siècle, Joseph Schillinger (1895 - 1945) a passé la plus grande partie de sa vie aux Etats-Unis où il eut d’illustres élèves parmi lesquels George Gershwin, Earle Brown ou Henry Cowell. Il mit au point un système qui compte parmi les premières tentatives systématiques de formalisation mathématique de la musique.

1926
Josef Matthias Hauer : Zwölftontechnik.


Hauer théorise, quelques années avant Schoenberg, l’utilisation des 12 sons, avec une approche radicalement différente, fondée notamment sur ce qu’il appelle les “tropes”. Il met au point des techniques de composition automatique visant à évacuer de sa musique toute forme d’expression et d’individualité.

1913
Marcel Duchamp - Erratum Musical


Publiée seulement en 1934, cette composition fait appel à un processus entièrement aléatoire de sélection des hauteurs chantées par les trois interprètes.

1842
Ada Lovelace : Mémoire sur la Machine de Babbage


Dans ses annotations au Mémoire sur la Machine analytique de Charles Babbage, Ada Lovelace met au point le premier algorithme susceptible d'être exécuté par une machine, en faisant la pionnière de l'informatique moderne. Elle entrevoit également plusieurs des potentialités de l'ordinateur, dont celle de composer de la musique : "The Engine might compose elaborate and scientific pieces of music of any degree of complexity or extent."

1821
D. N. Winkel : Automate musical


Dietrich Nikolaus Winkel, horloger qui a également inventé le premier métronome (avant Johann Maelzel), construit un automate musical, le Componium, qui n'est pas une simple boîte à musique mais génère de la musique par un jeu de combinatoire entre deux cylindres.

1792
Wolfgang Amadeus Mozart (attribué à) - Musikalisches Würfelspiel (Jeu de dé musical) K. 294d.


Ces jeux, courants à la fin du XVIIIe siècle, permettait à la bonne société de “composer” des valses ou des menuets à partir de lancés de dés, lesquels déterminaient ainsi au hasard un enchaînement de mesures dans une table donnée. Certains de ces jeux sont attribués à Josef Haydn ou CPE Bach. Le Würfelspiel K. 294d, dont l’attribution à Mozart est cependant controversée, permet de générer 1116 = 45 949 729 863 572 161 valses différentes.

1650
Athanasius Kircher : Musurgia Universalis


Jésuite allemand, scientifique encyclopédique de l’époque baroque, il est l’inventeur d’un système permettant de générer automatiquement de la musique en contrepoint simple ou fleuri, qui en fait un des précurseurs les plus souvent cités de la musique algorithmique. La “Tabula mirifica” permet quant à elle de générer des canons.

1436
Guillaume Dufay - Nuper Rosarum Flores


Ce motet isorythmique, écrit pour la consécration de la Cathédrale de Florence, est souvent cité pour ses propriétés remarquables : la structure métrique du motet est basée sur les ratios 6:4:2:3, qui sont les rapports de proportion entre la nef, le transept, l’abside et le dôme de la cathédrale.

1025-1026
Guido d’Arezzo : Micrologus de disciplina artis musicæ


Dans son Micrologus de disciplina artis musicæ (littéralement “Petit Traité des arts musicaux”), le moine bénédictin Guido d’Arezzo décrit entre autres une procédure de transformation d'un texte en musique, en utilisant les voyelles pour les hauteurs et le nombre de consonnes pour les durées.